Plus de cent millions de nos francs déboursés pour recevoir Benoît XVI
Dans quelques minutes, le pape Benoît XVI foulera le sol camerounais pour la première fois depuis son intronisation en avril 2005. Après avril 1985 et septembre 1995, le Cameroun devra une fois de plus être le centre mondial de l'Eglise catholique, et donc assumer les regards de plus d'un milliard de fidèles et téléspectateurs scotchés sur les déplacements et les discours du souverain pontife.
Seulement, le cameroun qui a souvent pourtant l'habitude d'accueillir de tels événements, devra une fois de plus montrer un autre visage, son faux visage. Pour recevoir le 265e successeur de Saint-Pierre, les autorités camerounaises n'ont ménagé aucun effort pour montrer aux yeux du monde une image de pays de paix, où reignent bon vivre, propreté, ordre, bref, un pays dans lequel les habitants vivent dans les meilleures conditions qui soient.
Ainsi, toutes les avenues se trouvant sur le parcours du saint Père ont été remises à neuf. Les passages cloûtés ont été tracés, les chaussées soigneusement marquées, les éclairages refaits, et les abords des trottoirs, tondus. Il en est de même pour les bâtiments qui recevront la visite de Didier Ratzinger. Le Centre de Réhabilitation des Handicapées du Cameroun (CRHC), a reçu un coup de neuf. les murs ont été repeints, la route aménagée et les nombreux moto taximen quotidiennement stationnés ont été déguerpis.
Depuis hier soir déjà, certains camerounais un peu étonnés, avouaient n'avoir jamais imaginé que la ville de Yaoundé puisse être aussi belle de jour comme de nuit.
Au cours d'une rencontre avec la presse vendredi 13 mars dernier, Victor Tonyè Bakot; archevêque de Yaoundé et président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (cenc), la personnalités la mieux informée des situations difficiles dans lesquelles vivent actuellement les Camerounasis, a pourtant invité les fidèles catholiques et même au-delà, à mettre la main à la poche pour contribuer au succès de la visite papale au Cameroun.Il a d'ailleurs chargé les évêques de lever des cotisations par diocèse et de les verser à la caisse de la Conférence épiscopale, ce, en demandant à leurs fidèles de faire preuve de générosité afin d'assurer un plein succès à cet événement.
Ainsi, L'Archevêque aurait déjà effectué plusieurs versements de près de 9 millions de francs auprès de Mgr Jean Marie Benoît Bala, évêque de Bafia, en charge des finances à la Cenc ". Une somme que le président du comité d'organisation de ce voyage papal, côté église catholique, espère voir atteindre les 15 millions attendus de sa province ecclésiale.
Bien que le séjour du Souverain Pontife vienne au Cameroun à l'initiative conjointe de l'Etat du Cameroun et de l'Eglise catholique, l'Etat en assumera tout de même une grande charge qui va notamment de l'aménagement des sites des manifestations (Stade omnisports, Basilique, Centre des handicapés d'Etoug Ebé…), l'hébergement et la restauration de certains hôtes de marque, la communication et la sécurité…
L'apport financier de l'Eglise catholique devrait concerner selon Mgr Tonyè Bakot l'hébergement et la restauration des 120 cardinaux, archevêques et évêques qui feront le déplacement de Yaoundé, ou encore la confection de tenues pour ces dignitaires de l'Eglise, ou encore la prise en charge du transport et de la restauration des 700 choristes qui animeront la messe du 19 mars au stade Omnisports… Le tout pour un coût qui ne devra pas excéder les quarante (40) millions de francs.
Etant donné que ces quarente millions supportés par l'Eglise Catholique ne représentent qu'une contribution mineure sur l'ensemble du financement nécessaire pour couvrir le séjour du pape, il ne serait pas exagéré de l'évaluer à 70 millions de francs. Ce qui ferait en tout 110 millions de francs dépensés en troits jours par le gouvernement camerounais et l'Eglise catholique. Ce, devant des camerounais affamés.
A voir tout cet argent gaspillé en trois jours, il il y a là de quoi s'inquiéter sur la véritable situation économique d'un Cameroun classé au rang de pays pauvre très endetté.