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Droits de l'Homme

Lundi 8 Juin 2009 - 22:20:30

La dame Kabeyene prenant son repas

Le viol continue de faire des ravages

Violée et traumatisée, elle est finalement retrouvée dans une vieille maison abandonnée.

Jeudi  04 mai dernier, nous sortons d’un tournage à la Montée Jouvence, un quartier de la ville de Yaoundé, où l’ONG Famm-Cameroon organise un examen pour jauger le niveau de ses employés. A l’entrée, une foule qui souhaite rencontrée la promotrice de l’ONG, Bridget AMBELA. Au milieu de la foule, une femme enceinte. Elle est vêtue d’un « Kaba Ngondo » bleu, une espèce de boubou très utilisé ici chez nous par les femmes, surtout celles de la région du littoral Camerounais où elle constitue d’ailleurs une tenue traditionnelle. A voir les vêtements de la femme, elle serait en bon état de santé. Pourtant, c’est tout le contraire. Elle ne prononce aucun mot, et ne semble même pas influencée par le rassemblement créé autour d’elle.

 

« Je l’ai trouvée dans une maison abandonnée un matin en sortant de chez moi », nous lance  TCHAMBA Blandine. « Elle était toute sale. Je lui ai demandé ce qu’elle faisait là. Elle n’a pas répondu. Je lui ai donc donné un peu d’argent pour qu’elle rentre chez elle. Le lendemain, un monsieur qui m’a aperçue quand je m’entretenais avec la jeune dame est venu m’informer qu’après mon départ, la femme était revenue dans cette vieille bâtisse. Vu son état vestimentaire, j’ai décidé de la garder chez moi », conclut-elle. Après quelques jours d’hébergement, la dame de cœur aurait donc décidé de s’arrêter devant les locaux de l’ONG Famm-Cameroon pour solliciter leur prise en charge.

 

La promotrice de l’ONG, Bridget AMBELA, après avoir essayé en vain de créer une conversation avec l’infortunée, a finalement décidé de la conduire dans sa clinique pour la soumettre à des examens et par la suite, la prendre en charge.

 

LES CONCEQUENCES DU VIOL

Au moment où nous quittions ces lieux, très peu d’informations avaient été filtrées. La femme n’avait toujours pas prononcé un seul mot. La seule information que nous détenions, c’était des noms inscrits sur un carnet de santé qu’elle aurait gardé avec elle. Y figuraient le nom de la jeune dame KABEYENE Victorine, et celui d’un proche, BOA Marc. Selon la dame TCHAMBA, découvreuse de la malade, la pauvre Victorine aurait été violée et traumatisée, sûrement par un membre de la famille, ou un proche de la famille. Sa grossesse pourrait éventuellement provenir de ce viol, lancent certaines personnes tenues juste derrière la pauvre.

Aucune information non plus ne pouvait être obtenue sur son état de grossesse, sur les éventuels examens prénataux qu’elle aurait du passer depuis le début de sa grossesse, ni sur la date prévue de son accouchement. Cependant, certaines femmes visiblement expérimentées dans l’accouchement, estimaient que la date d’accouchement était bien proche, étant donné la forme rabaissée de son ventre.

Au Cameroun aujourd’hui 432 833 femmes ont déjà été victimes de viols, c’est 5,2% de la population féminine actuelle. 14% d’entre elles ont vécu ou été témoin de viols, et parmi elles, 18% ont été violées par des membres de leur famille et 9% ont été victimes de viols collectifs.

Pour l’instant, le gouvernement camerounais semble inactif devant ces crimes. Les associations de lutte contre les violences faites aux femmes se plaignent du manque d’accompagnement législatif, et le manque de protection pour les victimes de viol.


INSECURITE DANS LA VILLE DE YAOUNDE:

Lundi 6 Avril 2009 - 15:22:11

Quand le vol s'associe à la magie

Braqueurs amateurs ou magiques voleurs, certains braqueurs ou voleurs d'aujourd'hui se font aider par des marabouts qui leurs proposent mille et un moyens de se protéger contre la vigilance de leurs victimes mais aussi contre les attaques de leurs bourreaux.

 

Les plans de braquage de ces bandits seraient-ils si habiles qu'un être humain en plein sommeil n'arriverait pas à se réveiller pendant son transport du lit pour le sol, et pendant la longue période de déménagement de son domicile? Non, pense Issa, jeune étudiant à l'Université de Yaoundé I. Il croit savoir les moyens utilisés par les bandits pour s'infiltrer presque incognito dans les domiciles des gens. « Il y a des choses qu'on met devant la porte, d'autres qu'on lance sur la toiture, ou encore d'autres qu'on souffle dans la maison avent d'entrer, ceci pour endormir les occupants. C'est comme un somnifère », ajoute-t-il. Il cite par exemple « Les cordes qu'on utilise souvent pour descendre les cercueils dans les tombes. Si on met seulement un bout de cette corde là devant la porte de votre maison, tout le monde qui est dans la maison là va seulement dormir, jusqu'à ce que cette corde là soit retirée. Il y a aussi certaines poudres qu'on fabrique avec les os humains. Il suffit de les souffler dans la maison, pour jeter les occupants dans un sommeil profond ».

 Des propos que confirme Aboubakar, tradi-praticien à la Briqueterie. Il nous informe qu' « Il y a plusieurs jeunes qui viennent souvent me voir pour que je leur donne des gri-gri. Parfois, c'est pour se protéger des sorciers, parfois, c'est pour aller voler. Parfois ils ne savent pas que je sais qu'ils veulent aller voler. Les gri-gri sont nombreux et chaque gri-gri a sa condition ». Il ajoute: « Il y a des gri-gri qui rendent invisible, il y a d'autres qui blindent la personne et la rendent fort, même si son adversaire le pique avec le couteau, ça n'entre pas. Mais pour rester fort, il doit toujours avoir sur lui mon gri-gri attaché sur les reins, sur la main, ou sur les cuisses. C'est chacun qui choisit », conclut-il, en riant.

 Les tradi-praticiens comploteraient donc consciemment ou inconsciemment à certains braquages. Et ces contributions ne se limiteraient pas seulement à la protection contre les sorciers ou à la puissance de se rendre invisible. Ils aident également ces derniers, consciemment ou inconsciemment, à survivre aux coups mortels de leurs bourreaux. Un point de vue que confirme Erno, ancien habitant de la briqueterie. Pour lui, « Ces gars là utilisent les remèdes », pour parler des pratiques mystiques. Dans un de ces nombreux témoignages consternants, il raconte comment un bandit présumé arrêté en train de voler des feuilles de tôle aurait été battu à mort, ou presque. Ses bourreaux, armés de machettes, de haches, de lattes, de parpaings, etc., l'auraient assommé de toutes leurs forces en prenant soin de ne frapper que les parties vitales de son corps. Ceux-ci, voyant l'ampleur des blessures ouvertes, les enflures à la tête, les fractures des membres ou les litres de sang versés issus du corps de la victime auraient abandonné le corps inactif dans la rue, la croyant morte, et l'auraient revu les jours suivants, en pleine possession de ses membres et de sa raison. « Si c'était un homme normal, il serait mort depuis », ajoute-t-il.

 Comment faire face à ce phénomène ? Monsieur martin affirme avoir changé ses habitudes. « Maintenant, quand je rentre, je fais tout pour être au lit à 20 heures au plus tard. Comme ça, je suis sûr que vers 2 heures du matin, je ne dors plus. Même si je dors, mon sommeil est léger ».

 Pour oumaou, à la magie, il faut opposer la magie. Ce sénégalais arrivé au Cameroun il y a près de neuf ans pour vendre dans une boutique, dit n’avoir jamais été victime de ce genre de cambriolage. De ses dires, il en serait protégé. « Quand on vient ici pour vendre, on vient avec des gri-gri du Sénégal. Il y en a que nous attachons sur nous, d’autres que nous accrochons au-dessus de la porte. Là si quelqu’un vient avec sa magie, il verra seulement le mur. La porte aura disparu », explique-t-il. Sur notre étonnement, il nous met à défi : « Si tu vois un sénégalais qu’on a volé, je te paie ».

 

User de la magie pour voler, est devenu à la mode. Joël, étudiant à l'Université de Yaoundé, raconte: « Les bandits sont venus chez nous. Ils ont scié les anti-vols des fenêtres. Mon cousin était couché au salon, il ne s'en est pas rendu compte. Ils ont ouvert la porte centrale de l'intérieur, et ont vidé le salon de tout son contenu: téléviseur, chaîne musicale, téléphones portables, frigo, congélateur, tout est parti, ce, pendant que mon cousin dormait. Ils sont allés dans la chambre de mon père, il y dormait aussi avec ma mère. Ils les ont transporté du lit pour les déposer à même le sol. Ils ont porté le lit, le matelas, les draps et même les valises qui s'y trouvaient. Le lendemain, nous nous sommes réveillés dans une maison presque vide, les portes ouvertes. Jusqu'aujourd'hui, mon père et ma mère n'ont jamais compris comment cela a pu être possible. Le même scénario a été répété chez nos voisins un mois ou deux mois après ».
Au quartier Briqueterie, un coin populaire de la ville de Yaoundé, personne n'ignore les pratiques magiques des bandits ou des braqueurs. Ebenizer, habitant du quartier, avoue que « Ici, beaucoup de riverains connaissent ou vivent avec des braqueurs et sont parfois au courant de leurs épopées nocturnes ». Cependant, il reconnaît qu' « Il n'est plus étonnant pour nous de voir un véhicule garé se faire braquer, ou un individu étranger se faire dépouiller ». Pour lui, « les bandits du quartier n'attaquent généralement qu'à l'extérieur, dans les autres quartiers. Ainsi se font-ils sévèrement bastonner lorsqu'ils sont surpris en flagrant d'élit de vol dans leurs propres quartiers », ajoute-t-il.

 


JUSTICE POPULAIRE AU CAMEROUN:

Lundi 6 Avril 2009 - 15:19:23

L’expression d'un raz le bol

Au Cameroun, aucun jour ne passe sans qu'un individu, bandit présumé, ne soit assassiné par les populations. Ce phénomène aujourd'hui appelé justice populaire est l'expression d'un raz le bol de populations très souvent délaissées par les forces de l'ordre.

 Depuis plusieurs mois, il ne se passe plus une seule journée dans ce quartier, sans qu'on entende les cris d'une fille sûrement victime d’agression, ou ceux d'un homme, dont le domicile vient à peine d'être cambriolé. Ici, les jeunes sont unanimes, « les bandits viennent de Ntaba », un quartier populaire très réputé pour abriter de grands bandits, dont les habitations avaient été entièrement détruites par Ntsimi Evouna, le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé, pendant sa campagne d'assainissement de la ville. De même, les habitants sont presque régulièrement témoins des descentes des agents des forces de l'ordre dans le quartier pour arrêter des individus accusés d'avoir cambriolé, agressé, volé ou volé. A chaque passage des forces de l'ordre, les habitants poussent des ouf de soulagement. Pourtant, les cris des victimes d'agression n'en finissent pas.

 William, est habitant au quartier Emana, un quartier tout aussi proche du palais présidentiel. Pour lui, ce phénomène de justice populaire est du à plusieurs raisons: « Il y a des jours où on (les forces de l'ordre ndlr.) vous dit qu'il n' y a pas d'essence dans le carburant. D'autres jours, ils vous disent qu'ils sont loin pour intervenir, et vous conseillent dans ce cas d'appeler le commissariat le plus proche. Quand bien même ils arrivent et emmènent ces bandits, on retrouve ces derniers dans le quartier le lendemain. Et pour se venger de vous, ils viennent chez vous dans la nuit violer votre femme et vos enfants et parfois vous tuer. C'est pour cette raison, ajoute-t-il, que les populations ont pris la décision de se rendre justice elles-mêmes en tuant les bandits. Là, on est sur qu'il ne reviendra plus ».

 Anicet, livreur dans un grand magasin de la place pense que ce n'est que le début. Pour lui, «  avec les casses qu'il y a aujourd'hui à Yaoundé, il faut s'attendre au pire. Les gens n'ont pas de maison, ils ont faim et le travail n'est pas pour demain. Même pour rentrer au village, il faut avoir de l'argent. Même si c'était moi, j'aurai fait la même chose ». « Il faut trouver quelque chose à faire pour ces jeunes », ajoute-t-il.

 

Il est environs deux heures du matin au quartier Mballa II, à quelques mètres du palais présidentiel. Une foule de jeunes, armés de gourdins se relaient pour assommer un autre, à peine visible, couché sur le goudron. La victime, le visage ensanglanté sûrement du à une blessure sur la tête, les jambes cassés cris de douleur en jetant à peine quelques mots: « Ce n'est pas moi ». Le jeune Arnaud lui aussi victime mais du vol, explique: « Il a scié les anti-vol de la fenêtre, il a traversé mon ami qui dormait sur le canapé situé juste en dessous de la fenêtre. Il a ouvert la porte centrale de l'intérieur pour faire passer ses acolytes et ils ont entamé le déménagement de mon salon. Lorsque je me suis réveillé, ils ont pris la fuite. Dans la poursuite, j'ai réussi à attraper celui-ci ». « Il va payer pour les autres », ajoute-t-il, très énervé. Les coups répétés de lattes, de parpaings, de hache et de machettes s'abattent de manière effrénée sur le présumé bandit, ralentissent progressivement ses mouvements et finissent par l'immobilier, comme mort. Les seuls signes de vie perceptibles sont visibles au niveau de son thorax, qui montre des signes de respiration. Pendant que les hostilités se calment un peu, Jean Claude, un des bourreaux prend son téléphone, et appelle le 113. « Il disent d'appeler le commissariat du VIe pour qu'ils interviennent », annonce-t-il à ses amis. « Est-ce qu'ils pouvaient d'abord venir? » lance une voix dans l'ombre. « Ils ne sont jamais là », ajoute-t-il.

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Pensée du jour
Prenez le temps comme il vient le vent comme il soufle la femme comme elle est.

Transmis par Natacha (Abidjan)

Réalisé par Africaciel.com